
En bref
- Le 19 septembre 1989, le DC-10 du vol UTA 772 explose au-dessus du désert du Ténéré, au Niger : 170 passagers et membres d'équipage sont tués.
- En 1999, la cour d'assises spéciale de Paris condamne par contumace six responsables libyens à la réclusion criminelle à perpétuité, dont Abdallah Senoussi.
- En janvier 2004, un accord conclu avec la partie libyenne prévoit le versement d'un million de dollars pour chacune des familles des 170 victimes.
- Depuis 2025, des familles sont parties civiles au procès des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, jugé en appel en 2026.
Le vol UTA 772, 19 septembre 1989
Le DC-10 de la compagnie UTA relie Brazzaville à Paris, avec une escale à N'Djamena. Après son décollage du Tchad, l'appareil explose en vol au-dessus du désert du Ténéré, au Niger. Les 170 personnes à bord périssent, passagers de nombreuses nationalités et membres d'équipage, parmi lesquels le commandant de bord Georges Raveneau.
L'enquête, conduite par la justice française, établit qu'une bombe avait été placée dans la soute de l'avion et remonte jusqu'aux services de renseignement libyens.
1999 : la condamnation des responsables libyens
En 1999, la cour d'assises spéciale de Paris, composée uniquement de magistrats professionnels comme en matière de terrorisme, juge six responsables libyens en leur absence. Tous sont condamnés par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité. Parmi eux figure Abdallah Senoussi, désigné comme l'organisateur de l'attentat. Aucun n'a été remis à la France.
2004 : l'indemnisation des familles
Faute de pouvoir faire exécuter les condamnations pénales, les familles poursuivent leur combat sur le terrain de la réparation. En janvier 2004, un accord est conclu entre des représentants libyens et un collectif de familles de victimes. Il prévoit le versement d'un million de dollars pour chacune des familles des 170 victimes. Un mémorial est ensuite érigé sur le lieu du crash, en plein désert, portant le nom de chaque victime.
Depuis 2025 : les familles au procès libyen
Le procès des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007 s'est ouvert le 6 janvier 2025 devant le tribunal correctionnel de Paris. L'accusation y évoque, parmi les contreparties envisagées, un examen de la situation judiciaire d'Abdallah Senoussi. Des familles de victimes du DC-10 se sont constituées parties civiles.
Le 25 septembre 2025, le tribunal a condamné Nicolas Sarkozy à cinq ans d'emprisonnement pour association de malfaiteurs et l'a relaxé des autres chefs. Le procès en appel s'est tenu du 16 mars au 27 mai 2026. Devant la cour d'appel, Maître Olivier Descamps représente la veuve et le fils de Georges Raveneau ; nous revenons sur son intervention à l'audience du 6 mai 2026. La décision sera rendue le 30 novembre 2026. Jusqu'à une décision définitive, les prévenus restent présumés innocents.
Ce que ce parcours enseigne aux victimes
L'histoire judiciaire du DC-10 illustre une réalité que connaissent toutes les victimes d'infractions graves : la procédure pénale est longue, et la réparation passe parfois par d'autres voies que la condamnation des auteurs. Être assisté par un avocat permet de faire valoir ses droits à chaque étape, de la plainte à l'indemnisation. Notre page consacrée aux victimes d'infractions présente ces démarches, et notre article sur la nomenclature Dintilhac détaille les préjudices indemnisables.
Questions fréquentes
Combien de personnes sont mortes dans l'attentat du DC-10 d'UTA ?
L'attentat a fait 170 morts, passagers et membres d'équipage, le 19 septembre 1989, au-dessus du désert du Ténéré, au Niger.
Qui a été condamné pour l'attentat ?
Six responsables libyens, dont Abdallah Senoussi, ont été condamnés par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'assises spéciale de Paris en 1999.
Pourquoi l'attentat est-il évoqué dans le procès Sarkozy ?
L'accusation soutient que la situation judiciaire d'Abdallah Senoussi aurait fait partie des contreparties discutées avec le régime libyen. C'est pourquoi des familles de victimes se sont constituées parties civiles.





