Avocat nullités de procédure à Paris
Garde à vue, perquisition, écoutes, mise en examen : le cabinet examine chaque acte de la procédure et soulève les nullités utiles dans les délais, devant la chambre de l'instruction et le tribunal correctionnel, à Paris et dans toute la France.
Prendre rendez-vousUn acte d'enquête ou d'instruction irrégulier peut être annulé, et avec lui les éléments qui en découlent. Encore faut-il démontrer que l'irrégularité a porté atteinte à vos intérêts (articles 171 et 802 du Code de procédure pénale) et agir dans des délais stricts : depuis le 23 octobre 2026, quatre mois pour la personne mise en examen devant la chambre de l'instruction (article 173-1), et des conclusions déposées trois jours avant l'audience devant le tribunal correctionnel (article 385). Le cabinet examine la procédure acte par acte et soulève les nullités utiles, à Paris et dans toute la France.
Qu'est-ce qu'une nullité de procédure ?
La procédure pénale encadre chaque acte des enquêteurs et des magistrats : placement en garde à vue, notification des droits, perquisition, saisies, écoutes, réquisitions, expertises, interrogatoires. Lorsque ces règles ne sont pas respectées, l'acte peut être annulé. Les pièces annulées sont retirées du dossier et plus aucun renseignement ne peut en être tiré contre les parties (article 174 du Code de procédure pénale).
L'enjeu est concret : si la preuve principale de l'accusation repose sur un acte annulé, le dossier peut perdre l'essentiel de sa substance. La juridiction peut aussi étendre l'annulation à tout ou partie de la procédure ultérieure, lorsque les actes suivants trouvent leur support dans l'acte irrégulier.
La condition du grief
Une irrégularité ne suffit pas. Il y a nullité lorsque la méconnaissance d'une formalité substantielle prévue par le Code de procédure pénale ou toute autre disposition de procédure pénale a porté atteinte aux intérêts de la partie qu'elle concerne (article 171). L'article 802 pose la même règle pour toutes les juridictions, y compris la Cour de cassation : la nullité ne peut être prononcée que si l'irrégularité a eu pour effet de porter atteinte aux intérêts de la partie concernée.
Le travail de l'avocat consiste donc à relier chaque irrégularité à une conséquence réelle pour son client : un droit qui n'a pas pu être exercé, une déclaration recueillie dans des conditions irrégulières, une preuve obtenue au mépris d'une règle protectrice. Certaines irrégularités sont considérées par la jurisprudence comme portant nécessairement atteinte aux intérêts de la personne ; d'autres exigent une démonstration précise.
Les actes le plus souvent discutés
- la garde à vue : motifs du placement, notification des droits, information de l'avocat et du proche, durée, prolongations ;
- les perquisitions et saisies : autorisation, présence des personnes requises, inventaire, cas particuliers des locaux professionnels ;
- les interceptions de correspondances, sonorisations et géolocalisations : autorisation du magistrat compétent, durée, motivation ;
- les réquisitions adressées aux opérateurs et aux administrations ;
- les interrogatoires et la mise en examen : convocation, accès au dossier, présence de l'avocat ;
- les expertises et les actes accomplis hors de la saisine du juge.
Chaque dossier est différent : l'examen porte sur les procès-verbaux eux-mêmes, leurs heures, leurs signatures et l'enchaînement des actes, pas sur une liste de principe.
Pendant l'instruction : la requête devant la chambre de l'instruction
Lorsqu'une information judiciaire est ouverte, c'est la chambre de l'instruction qui statue sur les nullités. La partie ou le témoin assisté qui estime qu'une nullité a été commise la saisit par requête motivée, dont une copie doit être adressée au juge d'instruction, à peine d'irrecevabilité. La requête fait l'objet d'une déclaration au greffe de la chambre de l'instruction ; elle peut être adressée par lettre recommandée avec avis de réception lorsque le demandeur ou son avocat ne réside pas dans le ressort, et par déclaration auprès du chef de l'établissement pénitentiaire lorsque la personne est détenue (article 173).
Dans les huit jours de la réception du dossier, le président de la chambre peut constater par ordonnance non susceptible de recours que la requête est irrecevable, notamment si elle n'est pas motivée ou si elle est tardive. Une requête mal rédigée ou déposée hors délai est donc perdue sans débat. Les actes susceptibles d'appel, comme les décisions sur la détention provisoire ou le contrôle judiciaire, se contestent par la voie de l'appel et non par une requête en nullité.
Le délai de quatre mois depuis le 23 octobre 2026
La loi n° 2026-651 du 23 juillet 2026 a modifié l'article 173-1 du Code de procédure pénale. Pour les requêtes formées à compter du 23 octobre 2026, la personne mise en examen doit faire état des moyens de nullité des actes accomplis avant son interrogatoire de première comparution, ou de cet interrogatoire lui-même, dans un délai de quatre mois :
- à compter de la délivrance de la première copie du dossier à son avocat, ou à elle-même si elle n'est pas assistée, lorsqu'elle l'a demandée dans les sept jours francs de la mise en examen ;
- à défaut d'une telle demande, à compter de la notification de la mise en examen.
Pour les actes postérieurs, le délai est également de quatre mois et court à compter de chacun des interrogatoires ultérieurs ou de la notification des actes. Les mêmes règles s'appliquent au témoin assisté et à la partie civile à compter de leur première audition. L'irrecevabilité est écartée lorsque la personne n'aurait pas pu connaître le moyen de nullité. En pratique, la demande de copie du dossier doit être faite immédiatement, et l'analyse du dossier commencer dès sa réception.
L'effet de purge
Lorsque la chambre de l'instruction est saisie, tous les moyens de nullité de la procédure qui lui est transmise doivent lui être proposés. À défaut, les parties ne sont plus recevables à en faire état, sauf si elles n'avaient pas pu les connaître (article 174). Une première requête doit donc être complète. Et lorsque le tribunal correctionnel est saisi par une ordonnance de renvoi du juge d'instruction, il ne peut connaître que des nullités qui n'ont pas pu être connues avant la clôture de l'instruction (article 385), sous les réserves prévues par ce texte.
Devant le tribunal correctionnel : avant toute défense au fond
Lorsque l'affaire arrive devant le tribunal correctionnel sans instruction préalable, après une enquête de police suivie d'une citation ou d'une convocation, le tribunal statue sur les nullités de la procédure antérieure. Les exceptions de nullité doivent être présentées avant toute défense au fond (article 385).
Depuis le 23 octobre 2026, hors les cas de comparution immédiate prévus aux articles 395 à 397, les conclusions écrites portant sur des exceptions de nullité doivent être déposées au greffe du tribunal trois jours avant la date prévue de l'audience, à peine d'irrecevabilité. Cette exigence ne s'applique pas lorsque la partie n'aurait pas pu connaître ces nullités, ni lorsqu'elle a été citée ou convoquée moins de vingt jours avant l'audience. Le dossier doit donc être consulté et analysé bien avant l'audience : soulever une nullité le jour même n'est plus possible dans la plupart des cas.
Comment le cabinet travaille
L'analyse des nullités commence par une lecture intégrale du dossier : chronologie des actes, heures de début et de fin, mentions des procès-verbaux, autorisations des magistrats, pièces de procédure annexes. Le cabinet identifie les irrégularités, mesure leur portée sur la suite du dossier, puis rédige la requête ou les conclusions, en respectant les formes et les délais. Une nullité bien choisie peut écarter une preuve centrale ; une nullité soulevée sans grief démontrable affaiblit au contraire la défense. Le choix se fait avec vous.
Maître Olivier Descamps, avocat au barreau de Paris depuis 1998, et Maître Anthony Lerebourg, avocat au barreau de Paris, interviennent devant les juridictions d'instruction et de jugement, à Paris et dans toute la France. Le premier rendez-vous est gratuit, au cabinet, par téléphone ou en visioconférence (voir nos honoraires). Pour faire examiner votre dossier, contactez le cabinet ou appelez le 01 72 19 04 41.
Questions fréquentes
Une erreur de procédure entraîne-t-elle automatiquement la nullité ?
Non. La nullité suppose que l'irrégularité ait porté atteinte aux intérêts de la partie qui l'invoque (articles 171 et 802 du Code de procédure pénale). L'avocat doit démontrer ce grief, sauf pour certaines irrégularités que la jurisprudence considère comme portant nécessairement atteinte aux droits de la personne.
Quel est le délai pour soulever une nullité pendant l'instruction ?
Pour les requêtes formées depuis le 23 octobre 2026, quatre mois pour la personne mise en examen, à compter de la délivrance de la première copie du dossier si elle l'a demandée dans les sept jours francs de la mise en examen, ou à défaut de la notification de la mise en examen ; puis quatre mois après chaque interrogatoire ou notification d'acte (article 173-1).
Quand soulever une nullité devant le tribunal correctionnel ?
Avant toute défense au fond. Hors comparution immédiate, les conclusions écrites doivent être déposées au greffe trois jours avant l'audience, sauf nullité qui ne pouvait pas être connue ou citation délivrée moins de vingt jours avant l'audience (article 385).
Que deviennent les actes annulés ?
Ils sont retirés du dossier et classés au greffe de la cour d'appel. Il est interdit d'en tirer aucun renseignement contre les parties (article 174). L'annulation peut s'étendre aux actes ultérieurs qui en découlent.
La victime peut-elle soulever une nullité ?
Oui. La partie civile peut saisir la chambre de l'instruction d'une requête en nullité ; le délai de quatre mois court pour elle à compter de sa première audition puis de ses auditions ultérieures (article 173-1).
Une nullité de garde à vue fait-elle tomber tout le dossier ?
Pas nécessairement. Seuls l'acte irrégulier et les actes qui en sont le support nécessaire sont annulés. Si d'autres preuves indépendantes existent, la procédure peut se poursuivre. Tout dépend de la place de l'acte annulé dans le dossier.




